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Stranger Things : savant mélange des genres

L’atmosphère sombre et énigmatique de Stranger Things plaira aux fans d’Alien et des Goonies et aux adeptes de la fiction paranormale ou de Stephen King. La série de Netflix a maintenant son quota de fans au bout de deux saisons déjà. Regardez un épisode, et vous resterez scotché devant (au mieux vous arrêterez pour une pause WC ou pour attraper un petit quelque chose à picorer/engloutir devant) jusqu’à ce que vous ayez enfilé tous les épisodes disponibles. Je vous propose de zoomer un peu plus sur les atouts de cette série addictive.

Stranger… what ?

Hawkins, Indiana. 1983. Will Byers, un jeune garçon de douze ans, disparaît soudainement sans laisser de traces. Ses amis Mike, Dustin et Lucas se lancent à sa recherche, sans vraiment savoir dans quoi ils s’embarquent. Ils rencontrent alors une fille étrange qui semble être en cavale. Les garçons la prennent sous leur protection et deviennent amis avec la jeune fille tatouée du chiffre 11 et au crâne rasé.

« Eleven »/« Onze » est peut-être la clé de l’énigme et cache bien plus de mystères qu’on ne le pense.

Sous des airs de bourgade tranquille, Hawkins devient le terrain des peurs les plus inimaginables et d’une paranoïa incontrôlable. La mère de Will, Joyce, et son grand frère Jonathan ne croient pas non plus à une simple noyade. Joyce est persuadée que son fils est toujours en vie et qu’il lui envoie des signes pour qu’elle vienne le sauver. Et quand des événements encore plus étranges surviennent, le shérif Jim Hopper décide de creuser en profondeur pour découvrir ce qui se cache derrière.

De la science-fiction : entre univers parallèle et dimension paranormale

Premier atout de Stranger Things, son inscription dans le genre de la science-fiction. Stranger Things, par sa dimension paranormale et l’utilisation de motifs typiques de la science-fiction à l’image de Lovecraft ou des films contemporains comme The Goonies ou Alien, brouille également les pistes et les frontières génériques. Science-fiction, mystère, paranormal, angoisse, thriller. Les univers s’entre-mêlent délicieusement.

Dimension paranormale

Stranger Things impose une atmosphère poignante, agrippante et inquiétante, à la limite de l’angoisse. Si vous sentez votre palpitant s’emballer, c’est probablement à cause de la musique, du rythme saccadé de certaines scènes et des situations absolument effrayantes et étranges dans lesquelles les protagonistes se trouvent.

Pour ne pas faire trop de révélations, nous pouvons juste dire que Stranger Things joue avec nos nerfs et ceux des personnages avec des événements et des éléments qui rappellent fortement la fiction paranormale, à l’instar de Sixième sens ou Signes (plus récent, 2001).

Des pouvoirs de télékinésie, une présence inconnue et menaçante, des signes de vie de l’au-delà… Un florilège de motifs qui ont de quoi nous angoisser.

 

Enfermement et monde parallèle

L’enfermement, aussi bien physique que mental, apparaît comme un motif essentiel de la série à travers l’utilisation d’espaces clos et l’emprise mentale. Impossible d’en dire plus sans spoiler ceux qui n’ont pas encore eu la chance de voir la série.

La série joue sur l’inversion et la suspension temporelle avec le monde de l’Upside-Down notamment.

On pourrait même se demander si cette structure géographique n’est pas une représentation symbolique du bien et du mal, ou encore des références directes au paradis et à l’enfer, mais peut-être allons-nous un peu plus loin que ce que les créateurs cherchent à nous dire. Ou alors, les deux mondes sont-ils tous deux une représentation d’un avant et d’un après, d’un présent et d’un possible ? Mille et une questions sont soulevées dans la série et la saison 2 est encore loin de tout nous révéler.

Qui dit environnement clos et parallèle, dit : porte et passages, rappelant ainsi le mouvement de quête et d’exploration qu’on peut retrouver dans des oeuvres classiques du genre fantastique comme Alice in Wonderland. Sans compter que le personnage d’Eleven elle-même semble constituer une porte plus ou moins virtuelle donnant accès à l’autre « côté ».

A la sauce des 80s

L’autre point fort de la série, ce sont ses références à la culture pop des années 80, induites par son contexte. Ce qui n’est pas sans nous rappeler les films cultes de cette époque. On reconnaîtra bien sûr la référence directe à E.T, mais les références sont multiples: Poltergeist, S.O.S Fantômes, Rencontres du Troisième Type, X-Files, et d’autres déjà cités.

Les jeux vidéo, le cinéma, mais aussi la musique. Tout est indéniablement ancré dans cette période.

Pourquoi choisir comme toile de fond les années 80 ? En quoi la série aurait-elle différé si elle avait eu pour point d’ancrage le 21ème siècle ?

Les années 80, c’est la période de tous les possibles, des découvertes musicales et des évolutions informatiques et cybernétiques, mais aussi de grands changements scientifiques, notamment en bio-éthique. Un contexte d’ailleurs reflété par le laboratoire de Hawkins où l’on soupçonne des expériences secrètes pas très réglementaires…

Le côté peut-être vintage des eighties fait sans doute la force de la série. Placer l’intrigue au coeur d’une décennie qui se situe environ presque 30 ans avant la nôtre renforce la confusion temporelle et l’effet de déréalisation voulus par les créateurs. L’immersion en est que plus grande. Tout est fait pour qu’on croit vraiment que la série a été tournée à cette époque et le résultat est d’ailleurs réussi. Les années 80 sont une véritable source d’inspiration pour de nombreuses oeuvres contemporaines de science-fiction (on pense à Ready Player One, par exemple).

 

La quête de jeunes héros pour la vérité

On suit avec plaisir la bande de jeunes amis. On les voit grandir au fil des saisons et en deux saisons, autant dire qu’ils ont déjà bien grandi.

Avant la disparition de Will, le petit groupe d’amis passe le plus clair de son temps libre à jouer aux jeux d’arcade, mais aussi à entrer dans la peau de nouveaux personnages dans des jeux de rôles comme Donjons et Dragons, des jeux vidéo et des jeux de société devenus des références pour les créateurs de jeux actuels. Pour étayer la partie précédente, les années 80 forment même un point de départ à de nombreuses évolutions futures des décennies suivantes.

Inspirés par leur univers de jeu, les jeunes héros se mettent en quête de la vérité et veulent coûte que coûte sauver leur ami, donnant ainsi un sens quasiment vindicatif et viscéral à l’amitié. Réaliste ou non ? A vrai dire, on ne se pose même pas la question en regardant la série. Car nous sommes directement entraînés par le rythme de l’exploration, qu’elle soit physique ou mentale. Sur leurs BMX, comme dans Les Goonies, les jeunes ados explorent tous les recoins de leur ville et des forêts alentours. Et parallèlement à ce mouvement physique, ils se questionnent également sur leur identité et leur avenir.

Ils peuvent aussi compter sur le soutien des plus grands, notamment le frère de Will, Jonathan, et la soeur de Mike, Nancy qui en se rapprochant doucement de Jonathan et en écoutant son frère, finit par elle aussi questionner les faits. Et puis, il y a Steve, petit-ami de Nancy, qui lui aussi s’intègre vite à l’enquête. Pourtant, tout ce petit monde doit faire face à un pouvoir bien plus grand et malheureusement aussi, à des figures de l’autorité qui ne croient pas en l’hypothèse d’un événement paranormal.

Vous l’aurez compris : Stranger Things c’est aussi une histoire d’adolescents et de leurs tourments amoureux et amicaux.

Une ambiance musicale époustouflante

La musique pourrait presque former un personnage à elle seule, tellement elle agrémente la série et son rôle est loin d’être superflu. Musique futuriste, angoissante, parfois silencieuse et progressive, elle rappelle fortement les bandes originales de fictions futuristes ou paranormales des années 80 ou 90. Un style bien particulier qui nous plonge de manière directe dans l’atmosphère étrange de la série (on se croirait à la fois dans E.T, Silent Hill et Rencontres du Troisième Type).

On a aussi le plaisir d’entendre des chansons de groupes cultes de cette époque: Vangelis, The Clash, The Bangles, Toto… et bien plus.

Fermez les yeux en écoutant la B.O de Stranger Things et vous saurez immédiatement que c’est celle de Stranger Things : inégalable.

 

Je ne pensais pas que Stranger Things me plairait à ce point, car je suis plutôt réfractaire au paranormal d’ordinaire. Sauf qu’ici c’est un brillant mélange de science-fiction et de paranormal. La présence invisible source d’angoisse de la série relève plus de l’étrangeté et de l’inconnu que de l’horreur et l’épouvante. Le visuel est aussi très travaillé: soigné, spectaculaire et esthétique.

Les deux saisons sont assez égales, même si l’action met plus de temps à démarrer dans la seconde. Ce temps de pause au début de la saison 2 est largement compensé par de nouveaux éléments, des touches d’humour et de légèreté dans cet univers assez sombre à la limite parfois du morbide, et par l’arrivée de nouveaux personnages.

Malgré des scènes très gore et peu ragoûtantes, on est réellement captivés par la tension et le suspense de chaque épisode, chaque instant, chaque scène. Rien n’est réellement prévisible dans Stranger Things, ce qui en fait sa principale force.

 

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