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Le détective japonais : zoom sur Higashino Keigo

un-cafc3a9-maisonQui est Higashino Keigo ?

Higashino Keigo, c’est l’écrivain de romans policiers japonais par excellence ! Bon peut-être est-ce un peu trop excessif. Mais tout de même, il est devenu un nom incontournable dans le monde des énigmes au Japon.D’abord ingénieur, sa passion pour l’écriture le rattrape, comme le passé des criminels qui resurgit dans l’intrigue type du roman policier. Il a notamment écrit Le dévouement du suspect X, L’équation de plein été, La Maison où je suis mort autrefois (sans doutes un des romans les plus connus de lui), et Un Café Maison qui mérite une attention particulière !

En France, il est d’ailleurs publié aux Editions Actes Sud, qui ont également publié Un Endroit Discret de Seicho Matsumoto et Les Dieux-Chiens de Masako Bando).

Le roman policier japonais

Ces derniers temps le roman policier semble avoir le vent en poupe. Les lecteurs sont avides de mystères, d’égnimes ! Il faut dire que le roman policier nous permet à tous de devenir enquêteurs à notre tour. Si vous pensez retrouver les éléments à la Sherlock Holmes, ou plutôt à la Arthur Conan Doyle… et bien presque. Comme le fameux et désormais incontournable détective anglais, l’enquêteur dans le policier japonais se concentre sur un détail, plusieurs mais qu’il relie ensemble pour reconstituer un puzzle.

iwgpLa littérature japonaise à l’image des oeuvres de Haruki Murakami (La Ballade de l’Impossible, 1Q84) est emprunte d’un lyrisme et d’une poésie onirique légère et à la fois pleine de sous-entendus. Et en même temps, dans ses romans Higashino Keigo couche son intrigue sur le papier dans un style très direct. Il existe donc bien une école du roman policier japonais ! Tokyo, par son mélange entre traditions ancestrales et spiritualité, et modernité et urbanisme parfois exacerbés, constitue un terrain favorable aux intrigues, pas seulement policières d’ailleurs ! Dans Ikebukuro West Gate Park, Ira Ishida nous emmène dans le Tokyo underground, la délinquance, la prostitution et la criminalité. La série japonaise adaptée de ses romans reprend une intrigue en particulier et nous dévoile le côté plus décalé et sombre de Tokyo, celui qu’on nous présente moins facilement.

Pour les japonais, le roman policier peut faire valoir de miroir à leur société, de reflet à leurs peurs et peut permettre d’exprimer une certaine tension réelle.

Le roman policier et la structure de l’enquête

Le roman policier suit la structure d’une enquête classique qui dévoile une forte tension entre l’origine et la fin ; tandis que l’enquêteur, et le lecteur en même temps, doit atteindre un but et une fin, c’est à dire la découverte d’une identité et des circonstances d’un événement, il remonte à l’origine, allant de l’effet à la cause plutôt que l’inverse. Ce qui pose un paradoxe. En général, une fois les circonstances, motifs et identités définies, l’enquêteur va alors reconstruire son récit en offrant une explication, cette fois-ci du début à la fin, qui restitue les événements, comme s’il racontait une histoire.

L’autre point notable du roman policier c’est la résurgence du même et la réitération de la criminalité. Un point plus visible dans les séries TV ou les nouvelles policières où l’on suit un même personnage.

Un Café Maison

Prenons le cas de Un Café Maison. Yoshitaka Mashiba annonce à sa femme qu’il veut la quitter pour une autre. Le lendemain, son corps est retrouvé à son domicile. Les soupçons de Kusanagi et ses co-équipiers ne se portent pas tout de suite sur sa femme, mais ceux du lecteurs si ! Un large fossé se creuse entre nous, lecteurs, et les enquêteurs dont nous n’avons pas toujours le point de vue.

Un Café Maison a cela de particulier que son intrigue se concentre sur un détail : l’eau du café que Yoshitaka a bu avant de gésir sur le sol. Tout au long du roman, malgré les diverses pistes des enquêteurs, ce sera toujours cette eau mystérieuse qui interpellera Kusanagi. Ce détail, pourtant insignifiant en apparence, nous tient également en haleine. Les réflexions incessantes de l’enquêteur, mêlées aux mouvements de la veuve dont l’on suit un petit peu le point de vue, nous font osciller entre deux eaux si bien que l’on se retrouve perdus et confus. L’évidence n’est-elle pas sous nos yeux ? Nos soupçons se portent tour à tour sur l’un, puis sur l’autre pour revenir au premier et enfin… Tout portait à croire que c’était ça. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’histoire. L’absence de temps mort fait de ce roman un véritable page-turner !

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Les romans de Higashino Keigo ont largement inspiré les réalisateurs si bien que certaines de ses intrigues ont été adaptées en une série, un drama japonais intitulé Higashino Keigo Mysteries, autrement dit, des énigmes à la Higashino Keigo, ce qui prouve que l’auteur a son style bien particulier ! On y suit plusieurs intrigues : une enquête à chaque épisode, jamais les mêmes acteurs ou les mêmes lieux, pas de fil conducteur entre ces intrigues. Mais la série en elle-même possède un fil conducteur ! En effet, tout au long des intrigues on suit un récit plus large : celui du narrateur, qui, coïncidence ou non, travaille ou plutôt travaillait dans l’édition. Car oui, le narrateur est mort ! Et c’est sur la scène de son meurtre/suicide (on ne sait pas tellement même lui semble perdu !) que la série s’ouvre.

A chaque début d’intrigue, on suit également l’enquête sur sa mort dans un lieu unique, son ancien bureau où avant de mourir il venait de manger une omelette au riz, et à chaque fin d’intrigue, il nous livre un petit commentaire sur l’intrigue que l’on vient de suivre, tout en n’oubliant pas de nous assurer que « Ce drama est une fiction » et que « Le monde des énigmes est bien mystérieux ».

A l’instar des intrigues de Higashino Keigo, celles de la série se concentrent également sur un détail, et n’oublient aucun détail d’ailleurs ! Même le plus minime est observé à la loupe. L’aspect le plus étonnant c’est peut-être la grande différence entre chaque intrigue : tantôt une histoire de vengeance, tantôt un crime passionnel, un suicide, une histoire de jeux d’enfants qui tournent mal. Le pire, c’est que la solution reste toujours sous nos yeux, mais qu’on se demande sans cesse où elle est. Mais au fond, ce qui nous intéresse vraiment, c’est aussi peut-être plus le comment et le pourquoi plutôt que le qui.

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